lundi 19 mars 2012

Fabienne et les omni

livre à lire: Profession Médecin de famille de Marc Zaffran

 en réponse à quelques personnes qui m'ont demandé mon opinion sur le sujet et en particulier au billet "Fabienne qui?"

 Je pense que le même extrait de Trauma, dans un vide médiatique, n'aurait dérangé personne. (Transparence totale, comme dirait JF Lisée: j'ai pas de télé, j'écoute pas vraiment la radio,j'ai jamais écouté Trauma mais je suis incollable sur House et Grey's Anatomy, because McGill. Je lis par contre plein de journaux. Et je me balade sur les interwebs)
 
 Le problème c'est que les omnipraticiens ne sont jamais mentionné dans les médias (fiction et "journalisme") de manière positive.  Jamais. Pourtant, on parle de nous tout le temps. On est un enjeu électoral, un objet de discours plutôt qu'un sujet de discours. Les problèmes du système de santé québécois, apparemment, c'est surtout de notre faute. On est pas assez nombreux, trop nombreux mais paresseux, on chiale trop, on travaille pas assez, on est désorganisés, on est corporatistes car on se pose des question sur l'octroi de pouvoir de prescription aux pharmaciens(la prescription sans diagnostic, c'est un peu comme la taxation sans représentation...) . On est l'enjeu électoral par excellence;  on va nous organiser, nous réorganiser, nous forcer à ceci  ou à cela.  On va gagner des comtés et peut-être des élections sur notre dos.
 
 Et oui, certains de nos confrères et collègues spécialistes(leur chef, même!) disent, comme cette chirurgienne folle, qu'on n'est bon qu'à soigner des rhumes.  Un sondage informel d'un douzaine de résidents en  médecine  de famille , jeudi et vendredi dernier, nous révèle que 92% d'entre eux se sont fait dire pendant leur stage d'externat qu'ils "pouvaient faire bien mieux que de la médecine de famille".  L'autre étudiante, après avoir eu de la difficulté à déchiffré un électroencéphalogramme, s'est fait dire qu'elle n'était bonne à rien et qu'elle devrait aller en médecine de famille. Engagez vous, rengagez vous qu'ils disaient...
 La réaction contre Trauma, donc, est une réaction contre la dévalorisation et le mépris constant de la médecine familiale dans les médias.  Surtout que notre boulot est très influencé par ce que les gens voient à la télé, reportages sérieux ou fiction.  La semaine où, dans ER, un bébé  goûte "salé" quand sa maman l'embrasse et est ainsi diagnostiqué avec la fibrose kystique, je sais qu'il y aura dix maman qui m’emmèneront  leur enfant parce qu'elle croient  détecter un goût salé sur sa peau.  La fiction influence beaucoup plus la perception des gens qu'on peut le croire et nos patients pensent connaître la réalité médicale à travers les yeux de House, Grey, Carter et tous les autres... quand ceux-ci "plantent" les médecins de famille, certains téléspectateurs acceptent cela comme la réalité.   
 
Et pensez-y. C'est quand la dernière fois où vous avez entendu quelque chose de positif dans les médias sur la médecine familiale? Ou qu'un médecin de famille ait été interviewé pour quoi que ce soit autre que ce que réagirà ce que Dr Barrette ou Fabienne Larouche a dit?
 
Au final, ce tollé c'est une réaction à la cristallisation des discours négatifs de la CAQ, de Barette, des politiciens et des émissions de télé où on ne voit que des spécialistes, surtout si ceux-ci se font porte-parole des préjugés omniprésents.

vendredi 11 novembre 2011

migration

Le hiatus continue, malgré deux charmants voyages à Paris où les moments d'écriture se sont fait trop rares mais où j'ai vu beaucoup de choses fascinantes.

Pour le moment, ce sont les rénovations si attendues de la maison qui occupent mon esprit.  Si vous voulez en voir la progression -en images plutôt qu'en mots, je crois- vous pouvez voir cela chez La Maison de Rosalie.

samedi 17 septembre 2011

Résolutions post-voyage

de regarder Montréal avec les mêmes yeux avec lesquels je regardais Paris

de ne faire qu'une chose à la fois

de rendre visite aux musées et expos même si ça ne correspond pas exactement à ce que je crois que j'aimerais

d'être dans le présent

d'obéir à tous les éléments qu'en-lira-t'on de Pennac

de dériver

vendredi 9 septembre 2011

hiatus



Je voulais écrire, profiter de ce temps de vacances pour classer des idées et terminer des projets en suspens.
On dirait qu'avant que ma main ne puisse s'y mettre, il faut que mes pieds et mes yeux se rassasient.  Art, trottoirs, parcs et sculptures, pour l'instant.  Les mots viendront...

samedi 3 septembre 2011

Cher CCU...

Quelques images de Paris qui n'auraient pas passé au comité consultatif d'urbanisme du Plateau...






Jour 1: de l'aéroport comme non-lieu parfumé



Départ en folie: doutes, catastrophes imprévues de dernière minute, idée persistante d'avoir oublié quelque chose, stress inévitable d'un  départ en vacances trop attendues et nécessaires.

L'arrivée prend la forme d'une catastrophe évitée. À la sortie de l'avion, un homme s'effondre.  Moi qui croyais pour une fois m'en être sortie sans entendre "Y-a-t-il un médecin dans l'avion".  En plus, la compagnie aérienne avec laquelle je voyageais avait quelque part au dossier ma profession, car j'avais déjà dû aider un autre passager il y a quelques années... l'agent de bord est donc venu me chercher sans même faire d'annonce.   Heureusement, dans ce cas-ci, l'ambulance est arrivée en quelques minutes et l'homme était déjà mieux.  J'étais plutôt reconnaissante qu'il n'ait pas eu son malaise au dessus de l'océan...




Mais la vraie catastrophe nous attendait lors de la récupération des bagages.  Un poulet yassa pour une quinzaine de personne s'est déversé sur la ceinture qui convoie les valises.  Nous étions envahis par l'odeur aigre du citron mêlée à celle plus persistante du poulet se faisandant rapidement au sortir d'une glacière peu hermétique projetée trop violemment par un manutentionnaire avec des visées de lanceur de javelot.

On voyait des passagers noirs en boubou qui attendaient leurs énormes bagages enveloppés de sac de riz à carreau  s'exclamer en ricanant, leurs enfants chantonnant une chanson sur les malheurs de la nourriture gaspillée.  On voyait des passagers plus pâles froncer le nez et les sourcils en soulevant leur lèvre supérieure et en soupirant très fort. Quelques personnes criaient de dépit, leur bagage côtoyant -ou surplombant- le festin éventré.

La scène -et l'attroupement qui en résultait-  semble tout droit sortir d'un Pennac et j'ai conclu qu'elle serait de bon augure, puisque je voulais profiter de ce séjour à Paris pour aller me balader à Belleville et manger un poulet sauce arachide dans un resto africain de Barbès.  Cette visite me donnera peut-être mon "fix" de "grand pays de l'Afrique" qui semble me manquer.

Mes sacs l'ont  échappé belle, ayant atterri loin du déversement de poulet citronné, aucune trace d'huile parfumée n'imbibant tissus et papiers ni d'odeur persistante de nourriture .  Mon grigi m'a protégée d'un début de voyage cahoteux et chaotique, à l'image des derniers jours!